Les premiers spectacles
Très rapidement, les fans de l’émission se sont mis à réclamer des prestations en public. S’il était encore trop tôt pour envisager la production de véritables spectacles, il y avait à CIBL un directeur de la promotion qui était de son côté prêt à tout pour faire parler de la station. Notamment en organisant des émissions de radio en direct, devant un auditoire. C’est comme ça, sans le savoir, que Jacques Primeau (sans K à l’époque) a organisé les premiers spectacles de Rock et Belles Oreilles. Du coup, il est devenu le gérant du groupe, ce qui, à l’époque, tenait beaucoup plus du gag que de l’engagement officiel.
Jacques : « Les premiers événements publics de Rock et Belles Oreilles ont eu lieu au Conventum et à la salle du Pavillon d’éducation communautaire. Sans compter le désormais célèbre spectacle au Vélodrome en première partie d’Offenbach et de Luba. De l’inconscience pure. Je ne pourrai jamais oublier Bruno qui chantait La voix que j’ai (Cette voix) d’Offenbach avec une voix de pinson, devant le public de Gerry. La catastrophe! Après chaque numéro, plutôt que des applaudissements, tout ce qu’on entendait dans la salle, c’était le bruit des néons. »
Certes ébranlés, mais non abattus par cette expérience pour le moins désastreuse, on organisa malgré tout la Tournée mondiale des Cégeps. Des spectacles épiques, c’est le moins qu’on puisse dire, préparés dans un sordide local de répétitions qui ressemblait davantage à une piquerie qu’à un lieu de création. Les costumes utilisés étaient soit des habits ayant appartenu à un de leurs oncles ou alors des créations « originales » de Chantal Francke, comme cette horrible perruque jaune qui servait pour au moins 15 numéros. Sans parler des décors montés sur des pôles en bois attachés avec du fil à pêche et qui tombaient tout le temps.
Richard : « On allait vider les cafétérias le midi pour remplir la salle. Les étudiants venaient au spectacle avec leur lunch avant d’aller à leurs cours. Après leurs 3 heures en classe, ils revenaient pour assister à la fin du spectacle, parce que ce n’était pas encore fini. »